La compagnie Ormone

Plus intéressée par la sensibilité que par la spécialité, par l’individu dans son ensemble que par son cv, je crois à l’évidence et à la spontanéité de certaines rencontres qui font sens dans un parcours. Des rencontres qui se développent tout au long d’un cheminement,

Continuer de suivre les chemins du corps, à travers d’autres corps…

Aurore Gruel

COMPAGNIE ORMONE

Depuis sa fondation en 2004, ORMONE, développe des formes pluridisciplinaires (danse, musique, arts visuels, film) où l’écriture des corps s’inscrit dans une démarche singulière. Elle conjugue différents modes de créations et de relations aux publics. Ce croisement entre différentes disciplines artistiques est de l'ordre d'un tissage. Cette notion est essentielle, elle est l'état d'esprit des différents processus de création mis en œuvre. Chaque forme, bien qu’il n’y ait pas de cloisons étanches entre elle, a sa spécificité propre. Une identification mouvante, qui s’entend avec la notion de processus, d’élan et de vivant. Elle laisse l’œuvre ouverte et un espace pour l’inconscient. C’est un mouvement polymorphe qui joue avec le hasard, les incidences, les résonances, fait de rencontres et de spontanéité avec, en son cœur, la poésie.

Depuis 10 ans, les explorations menées, les formes développées par le tissage entre des sensibilités et des champs artistiques ont affiné une identité, dont il y a toujours une part qui reste innommée.

Quelques mots

La question du sens nous est souvent posée, le sens au sens de : "Qu'est-ce que vous voulez dire?"

Ma première réaction face à cette question est l'arrêt ainsi qu'une foule de pensées qui se heurtent : je ne veux pas dire quelque chose, je veux faire transparaitre, transpirer des mondes rêvés, hallucinés, indicibles, précieux, un peu magiques qui se lisent selon plusieurs sens.

Le mot sens porte en lui la polysémie, il est la faculté d'éprouver le monde par les sensations, la manière de comprendre, de juger, il est la signification, la raison d'être, il est aussi la direction, l'orientation. Il est comprendre, c'est-à-dire, porter avec soi si on le prend à la racine.

J'aime la racine des mots. Une période de mon travail de danseuse a été l'exploration des racines, la nécessité de revenir à la souche, au plus près de l'os où se trouve la moelle. C'est peut-être là qu'on retrouve un sens, en revenant à l'essentiel. Il y a quelque chose d'infiniment sensible que nous portons, une quête existentielle qui nous ramène à des questions de fond par rapport auxquelles nous inventons des formes, en vu d'un absolu, d'un idéal, d'un moment de grâce, d'un temps suspendu.

J'aime comparer notre activité à celle de l'artisan, toucher, sentir, travailler la matière, l'environnement, dialoguer avec, et générer des formes où les vibrations se rencontrent créant des espaces singulièrement sensibles. C'est simple … pour toucher à ce simplement là, un processus continu de recherche et de rencontres est sous-jacent.

Les choses s'inscrivent dans le temps tout en se conjuguant avec la spontanéité de l'élan, dialogue parfois difficile, il en est ainsi des contradictions avec lesquels, il nous faut jouer…